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De la danse à la médecine vétérinaire : le parcours de Léa, étudiante vétérinaire en Espagne

À 20 ans, Léa (@leavetlife) est étudiante en deuxième année d’école vétérinaire à Murcie, en Espagne.
Un parcours loin d’être linéaire, fait de choix forts, de remises en question… et de détermination.
Elle partage aujourd’hui son expérience pour éclairer celles et ceux qui rêvent de devenir vétérinaires, mais doutent du chemin à emprunter.

👉 Retrouvez bientôt l’intégralité de cet échange en vidéo sur la chaîne YouTube Devenir Véto : Léa y raconte son parcours, ses choix et son quotidien d’étudiante vétérinaire en Espagne.


Un rêve qui n’était pas une évidence

Contrairement à beaucoup d’étudiants en école vétérinaire, Léa n’a pas toujours voulu faire ce métier.

« Petite, je voulais être danseuse. »

Dès l’âge de 11 ans, elle quitte le domicile familial pour intégrer le conservatoire de Lille. Concours, exigences physiques, pression permanente : pendant près de dix ans, la danse structure toute sa vie.

Mais avec le temps, Léa réalise que cette voie est très exigeante mentalement et physiquement, et qu’elle ne s’y projette plus à long terme.

C’est lors de son stage de 3e en clinique vétérinaire que tout bascule :

« Je me suis dit que je préférais être vétérinaire. »

Elle abandonne alors la danse professionnelle et reprend un cursus scolaire classique, avec un objectif clair en tête.


Un excellent dossier scolaire, mais un concours raté en France

Au lycée, Léa obtient de très bons résultats :

  • spécialités scientifiques
  • 18,82 de moyenne au bac

Elle tente malgré tout le concours post-bac vétérinaire en France, même si elle sait déjà qu’elle ne souhaite pas y faire ses études. Résultat :

  • admissible
  • mais échec aux oraux, notamment à cause du stress

« J’ai perdu mes moyens, je les ai ratés. »

Un coup dur, malgré tout. Comme beaucoup d’étudiants, Léa encaisse un choc à l’ego… mais refuse d’abandonner son projet.


Une stratégie réfléchie : une année de BCPST avant l’Espagne

Après le bac, Léa fait une année de prépa BCPST à Versailles.
Pas avec l’objectif d’aller au concours français, mais pour se mettre à niveau avant de tenter l’Espagne.

Pourquoi ?

  • Les épreuves d’entrée en Espagne (PCE) sont plutôt niveau bac +1
  • Le classement repose majoritairement sur la note du bac
  • Les PCE se passent… en espagnol

« Je savais que je ne ferais qu’un an de prépa, mais ça m’a donné le niveau nécessaire. »


Entrer en école vétérinaire en Espagne : comment ça fonctionne ?

Pour les universités publiques espagnoles :

  • la note finale est sur 14
    • 10 points = note du bac
    • 4 points = PCE
  • en pratique, il faut souvent au moins 15–16 au bac

Léa choisit de passer seulement trois matières aux PCE (maths, chimie, biologie) afin de rester concentrée.

« Je préférais en faire peu, mais vraiment bien. »

Les épreuves ont lieu en espagnol, à l’ambassade d’Espagne à Paris — une expérience déjà très immersive.


Apprendre l’espagnol… avant même de partir

Léa n’avait jamais vécu en Espagne avant son arrivée à Murcie.

Pour se préparer, elle adopte une immersion totale :

  • manuels scientifiques en espagnol
  • lectures exclusivement en espagnol
  • presse étrangère
  • vidéos et contenus audio

« En prépa, je vivais presque plus en espagnol qu’en français. »

Cette préparation lui permet de suivre les cours sans difficulté majeure dès la rentrée.


L’arrivée à Murcie : enthousiasme… et solitude

Arrivée trois jours avant la rentrée, Léa commence les cours avec beaucoup d’enthousiasme.
Mais les débuts ne sont pas simples, notamment sur le plan social.

  • accent murcien très marqué
  • difficulté à parler à l’oral
  • peur de ne pas comprendre
  • peu de sorties au début

« Je ne sortais pas, et c’était une erreur. »

Elle réalise aussi qu’il est tentant de rester uniquement entre Français… mais que cela freine énormément la progression linguistique.
À partir du second semestre, elle change de stratégie et s’entoure surtout d’étudiants espagnols.

Résultat :

« Aujourd’hui, on me dit que ça ne s’entend presque plus que je suis française. »


Des études exigeantes, mais bien encadrées

À Murcie :

  • environ 90 étudiants par promotion en première année
  • effectifs qui diminuent naturellement avec le temps
  • pas de sélection brutale, mais une exigence réelle

Les journées sont organisées à l’espagnole :

  • cours le matin
  • TP/pratiques tous les jours
  • fin des cours vers 14h30 en début de cursus

L’exigence académique est forte, mais cohérente avec la responsabilité du métier.


Un énorme point fort : la clinique dès la première année

C’est l’un des éléments que Léa apprécie le plus.

Dès la première année, elle est volontaire en clinique équine universitaire :

  • gardes de jour et de nuit
  • participation aux soins
  • injections, prises de sang
  • urgences, coliques, examens cliniques

« On apprend énormément dès la première année. »

Cette immersion précoce permet de confirmer — ou non — son choix de carrière.


Médecine équine : une vocation née sur le terrain

Contre toute attente, Léa se découvre une passion pour la médecine équine, alors qu’elle n’a jamais monté à cheval dans son enfance.

Ce qui la marque :

  • la résilience des chevaux
  • l’approche médicale
  • l’ambiance du milieu équin

À l’inverse, la clinique des petits animaux lui paraît émotionnellement trop difficile.

« Je ne me voyais pas vivre ça tous les jours. »


Et après le diplôme ?

Léa souhaite :

  • rester en Espagne
  • faire un internat, puis potentiellement un résidanat
  • se spécialiser en médecine équine

Elle est consciente des exigences du milieu, mais motivée.


Le coût des études et de la vie à Murcie

L’un des autres points forts du choix de l’Espagne, et en particulier de Murcie, reste le coût global des études et de la vie sur place. À l’université publique de Murcie, les frais de scolarité s’élèvent à environ 1 000 € par an, un montant bien inférieur à celui de nombreuses formations privées à l’étranger. Côté logement, Léa vit en colocation à cinq, pour environ 350 € par mois, dans un appartement comprenant deux salles de bain et un balcon privatif. À cela s’ajoutent des dépenses du quotidien (alimentation, transports, sorties) globalement plus abordables qu’en France, ce qui permet de vivre confortablement avec un budget maîtrisé tout en se consacrant pleinement aux études.


Son message à ceux qui veulent devenir vétérinaires

« Il ne faut pas rester bloqué sur un échec. »

Ne pas être pris en France n’est pas une fin.
L’important, selon elle, n’est pas le pays… mais le métier.

« Le but, c’est d’être vétérinaire. Pas forcément l’endroit où on le devient. »


En résumé

Le parcours de Léa montre qu’il n’existe pas un seul chemin pour devenir vétérinaire.
Avec de la stratégie, du travail et de la persévérance, d’autres voies — comme l’Espagne — peuvent mener au même objectif.


Des questions sur le témoignage de Léa ?

Pour aller plus loin ou poser des questions à Léa sur son parcours, les études vétérinaires en Espagne ou la faculté de Murcie, vous pouvez la contacter directement via son compte Instagram : @leavetlife. Vous trouverez sur son compte un guide pdf sur “comment accéder aux écoles publiques espagnoles”.
Vous pouvez également passer par devenirveto.com à l’adresse mail devenirvetoofficiel@gmail.com en précisant que votre message concerne le témoignage de Léa.

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