À partir de l’épisode « Chiens et chats » de l’émission Les Pieds sur terre (France Culture) consacrée à des consultations de comportement animal à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, on va voir pourquoi la psychologie humaine est essentielle en médecine vétérinaire.
L’épisode propose deux consultations de comportement animal . Si l’émission s’attarde sur un chat anxieux et un chien mordeur, elle met surtout en lumière une réalité fondamentale : on ne soigne jamais un animal seul, on soigne une relation.

1. Comprendre que le motif de consultation est rarement le vrai problème
Premier enseignement majeur : le symptôme présenté n’est souvent qu’un point d’entrée.
La chatte Chaussette est amenée en consultation pour des miaulements excessifs lors des absences de sa propriétaire. Pourtant, le diagnostic est clair : l’animal est normal. Ce qui pose problème, c’est l’incapacité de l’humaine à répondre à ses besoins d’interaction, mais surtout son propre vécu émotionnel (culpabilité, fatigue, peur de l’isolement).
👉 À retenir si vous souhaitez devenir vétérinaire :
- Le motif de consultation est souvent formulé du point de vue du propriétaire.
- Le trouble apparent peut masquer un malaise humain plus profond.
- Une bonne anamnèse (recueil des informations lors d’une consultation) doit inclure l’histoire personnelle, le mode de vie et les représentations du propriétaire.
2. L’animal comme révélateur des fragilités psychologiques humaines
Dans les deux cas présentés, l’animal devient un miroir émotionnel.
La propriétaire du chat projette sur son animal sa peur de la solitude et de la dépendance affective. Celle du chien, qui décrit son compagnon comme un « deuxième mari », entretient une relation fusionnelle et paradoxale, mêlant affection verbale et gestes violents.
👉 Compétence clé d’un vétérinaire :
- Savoir repérer les projections émotionnelles.
- Identifier les attentes irréalistes placées sur l’animal.
- Comprendre que certains comportements animaux sont des réponses adaptatives à un environnement émotionnel instable.
Un vétérinaire doit être capable d’observer non seulement l’animal, mais aussi la posture corporelle, le ton de voix, la cohérence émotionnelle du propriétaire.
3. Lire les signaux faibles de la relation homme–animal
L’un des moments les plus instructifs de l’émission est l’observation du chien tiré brutalement en laisse alors qu’il montre des signes de détresse. Ce geste, apparemment anodin pour la propriétaire, est immédiatement interprété par le vétérinaire comme un facteur de stress majeur.
👉 Compétence clé d’un vétérinaire :
- Reconnaître les signaux de stress chez l’animal (immobilité, évitement, vocalisations, posture).
- Être attentif aux micro-interactions du quotidien.
- Comprendre que l’incohérence entre discours et gestes humains est une source fréquente de troubles du comportement.
Cette capacité d’observation est une compétence clinique à part entière, qui se construit avec l’expérience… et l’humilité.
4. Le rôle du vétérinaire : expert médical et médiateur humain
L’émission montre un vétérinaire qui ne se contente pas de prescrire ou de rassurer. Thierry Bedossa confronte, questionne et parfois dérange. Il rappelle que le vétérinaire comportementaliste travaille aussi avec l’humain, parfois plus qu’avec l’animal.
👉A retenir :
- Le vétérinaire n’est pas un simple technicien.
- Il doit savoir poser un cadre, expliquer, parfois dire que l’animal n’est pas le problème.
- La communication est une compétence aussi cruciale que la connaissance scientifique.
Cela implique d’accepter une certaine charge émotionnelle et de développer une posture professionnelle solide.
5. Se former à la psychologie humaine : une nécessité, pas une option
Ces consultations illustrent une vérité parfois sous-estimée durant les études vétérinaires : la psychologie humaine est indissociable de la pratique vétérinaire, en particulier en comportement, mais aussi en médecine générale.
Peurs, culpabilité, deuil, solitude, dépendance affective… Autant d’émotions que le vétérinaire rencontrera quotidiennement, souvent à travers l’animal. Cela peut créer une vraie difficulté dans la pratique de ce métier si on ne s’y est pas préparé.
👉Si tu souhaites devenir vétérinaire :
- S’intéresser à l’éthologie ne suffit pas.
- Il est essentiel de développer des bases en psychologie humaine et en communication.
- Comprendre l’humain permet souvent de débloquer la situation clinique.
Conclusion : devenir vétérinaire, c’est apprendre à observer l’humain autant que l’animal
À travers un format radiophonique simple et incarné, Les Pieds sur terre offre une leçon précieuse aux futurs vétérinaires. Elle rappelle que le comportement animal ne peut être compris sans une analyse fine du contexte humain.
Cette émission invite à changer de regard :
👉 le véritable enjeu n’est pas toujours de « corriger » un animal, mais d’accompagner une relation.
Prendre en compte la psychologie humaines est une compétence essentielle pour celles et ceux qui souhaitent exercer une médecine vétérinaire moderne, humaine et responsable.


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